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Conso équitable en 2018 : les chiffres !

Avec un taux de croissance exceptionnel (+22%), le commerce équitable séduit les français et approche 1.3 milliard d’euros de vente en 2018 !

Un signe que les consommateurs manifestent, avec leur porte-monnaie, leur engagement en faveur de la justice économique et de la justice climatique.

La 19ème édition de la quinzaine du commerce équitable s’ouvre le 11 mai prochain. A cette occasion, le mouvement du commerce équitable fait la lumière sur les liens entre le réchauffement climatique et notre alimentation. Son slogan : Élevons la rémunération des producteurs, pas les températures !

Le panier annuel moyen a triplé en 6 ans et représente 19 euros.

Face au dérèglement climatique, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à prendre conscience de l’impact de leur consommation quotidienne sur la planète et agissent par des achats plus responsables. En 2018, le commerce équitable a enregistré une croissance exceptionnelle de 22% atteignant 1.276 milliard d’euros de ventes. Les ventes de produits équitables issus des filières internationales ont progressé de 17% et celles, plus récentes, issues des filières de commerce équitable « made in France » ont cru de 34%. Ces dernières représentent désormais 34% des ventes totales du secteur. Le panier annuel moyen a triplé en 6 ans et représente 19 euros.

Plus de partage des richesses, c’est moins de ravages pour la planète !

Autre constat, en 2018, pour les filières internationales, les produits équitables sont également labellisés bio dans plus de 84% des cas. « Le succès des produits avec une double labellisation bio et équitable montre que les consommateurs comprennent de plus en plus les relations qui existent entre justice économique et justice écologique. Plus de partage des richesses, c’est moins de ravages pour la planète ! » témoigne Julie Stoll, déléguée générale de Commerce Equitable France.

Répartition des ventes de commerces équitables

Qui dit justice économique, dit justice climatique !

En effet, notre alimentation est responsable de près d’un quart des émissions de gaz à effet de serre attribuées à la France. Mais l’agriculture est aussi un des secteurs les plus impactés par le dérèglement climatique et les agriculteurs et paysans du monde entier en subissent de plein fouet les conséquences. Cependant, les prix pratiqués dans le commerce conventionnel mondial ne permettent pas aux producteurs de s’adapter à ces nouveaux défis. Le commerce équitable, lui, garantit des prix rémunérateurs et une meilleure répartition des richesses permettant aux producteur·rices d’investir dans des modes de production plus respectueux de l’environnement comme l’agriculture biologique ou l’agroforesterie.

L’agriculture biologique et l’agroforesterie sont deux pratiques agricoles qui contribuent fortement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture. En effet, l’agriculture bio interdit l’utilisation d’engrais de synthèse, fortement émetteurs de protoxyde d’azote. L’agroforesterie, de son côté, agit comme un puit de carbone et favorise la résilience des exploitations agricoles face aux évènements climatiques. (Sources : Agence Bio, Inra)

Le commerce équitable, accélérateur de transitions agroécologiques

« Il est impératif d’accélérer la transition agroécologique de l’agriculture pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre mais aussi pour rendre l’agriculture plus résiliente aux effets des changements climatiques. Le commerce équitable est un formidable outil économique d’accompagnement de ces transitions. Qui dit justice économique, dit justice climatique ! »

Marc Dufumier, agronome et président de Commerce Équitable France.

Deux exemples concrets :

Le système de cacao agroforestier de la coopérative de commerce équitable CAMAYE en Côte d’Ivoire

Avec l’appui du programme Equité, la coopérative CAMAYE productrice de cacao labélisé Fairtrade/Max Havelaar développe dans ses parcelles des Systèmes AgroForestiers (SAF) innovants comprenant des arbres forestiers, des arbres fruitiers et des productions vivrières (igname, avocatiers, légumes).
Principaux résultats observés :
· Reforestation : Les SAF permettent l’installation de plus de 100 arbres fruitiers et forestiers par hectare de cacao, ce qui constitue un changement majeur par rapport aux pratiques existantes en Côte d’Ivoire.
· Résilience économique : Le système agroforestier assure des productions régulières et plus importantes par unité de surface en comparaison du système traditionnel. La succession des cycles des différentes cultures permet de générer des revenus de façon régulière sur l’ensemble de l’année.

Les filières françaises de lait et céréales équitables

Le bureau d’étude Basic a réalisé une étude permettant d’identifier les apports du commerce équitable à partir de deux études de cas : les filières lait et grandes cultures (céréales et légumes secs).
Les effets constatés :
· Les partenariats de commerce équitable rééquilibrent les relations commerciales et accélèrent les conversions bio.
· Les cas étudiés montrent des relations commerciales plus apaisées, avec une meilleure rémunération pour les producteurs et une plus grande part de valeur ajoutée, les prix d’achat étant basés sur l’identification des coûts de production.
· Les partenariats de commerce équitable permettent aux producteurs d’avoir de la visibilité sur des débouchés rémunérateurs. Par ailleurs, le commerce équitable vient renforcer les accompagnements techniques, économiques et sociaux portés par les collectifs de producteurs auprès de leurs adhérents. Dans ce contexte sécurisant, les producteurs peuvent plus facilement sauter le pas vers une conversion bio.


Retrouvez tous les événements organisés dans le cadre de la Quinzaine du commerce équitable sur http://www.mouvement-equitable.org

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Inscriptions bénévoles ici ou contactez mobilisation@faire-equitable.org

Source de l’article : Commerce Équitable France