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It’s all starts with a café équitable

Envie de se mobiliser pour un commerce plus équitable ? Vous ne savez pas par où commencer ? A l’occasion de la sortie d’une étude sur les dessous de la filière café, découvrez les raisons qui vont vous donner envie d’agir pour plus d’équité ! Retrouvez tous les liens pour participer en bas de l’article 😉

Pour la journée Internationale du Café, le BASIC a fait paraître une étude sur la filière café, en collaboration avec Max Havelaar France, Commerce Equitable France et le collectif Repenser les Filières.

A l’heure où la consommation de café est en pleine augmentation, que ce soit sur le marché asiatique ou celui des capsules et dosettes dont l’on raffole en France (premier marché mondial de café portionnable), l’étude du BASIC questionne la durabilité de la filière, et illustre les changements à mettre en oeuvre pour un modèle plus juste !

Comme pour beaucoup de produits que nous consommons au quotidien, les rayons de café sont remplis de dizaines de marques différentes et nous donnent l’impression d’un choix très varié… pourtant, seulement trois marques se partagent 81% du marché mondial  (Nestlé, JDE et Lavazza). Ce regroupement de multinationales pose un premier problème de taille, puisqu’il implique de fait une réduction de la capacité de négociations des producteur.rice.s.  

Les producteur.rice.s ne touchent pas la part qui leur est due 

Cueilleur de café au Honduras

Au nombre de 25 millions, et répartis essentiellement au Brésil, au Vietnam, en Colombie et en Indonésie, les caféiculteurs souffrent d’un manque excessif de revenus. Bien que les distributeurs et torréfacteurs ont engendrés plus de 1,17 milliards d’euros en 20 ans rien que sur les ventes de café en France, les producteur.rice.s (et négociant.e.s) n’ont bénéficié que de seulement 64 millions d’euros…

Depuis plus de vingt ans, les producteur.rice.s font face à une augmentation des coûts de production. La hausse des prix de la main d’oeuvre et des intrants chimiques et l’impact du changement climatique sont en cause. Ces dérèglements freinent les investissements et impactent la pérennité des parcelles et la qualité du café : le prix que les producteur.rice.s en obtiennent est donc encore réduit.

Cette pauvreté alimente les phénomènes de migration et de trafic de drogue, et le recours au travail des enfants apparaît comme une solution dans certains cas.

L’étude révèle que les coûts sociétaux supportés par les pays producteurs s’élèvent jusqu’à 90% de la valeur à l’exportation du café. C’est à dire que les dépenses réalisées pour pallier au manque de rémunérations des agriculteur.rice.s, les coûts de dépollution des eaux etc. sont à la charge des Etats et non pas des acteurs économiques.

Comparaison de la répartition des coûts sociétaux et de la valeur entre pays producteur et pays consommateur. Source : Basic

Dans le cadre de l’étude, c’est la Colombie qui est la moins touchée par cette répartition des coûts sociétaux inégaux. Mais avec 68% des coûts sociétaux à sa charge, elle reste tout comme les autres pays très affectée par cette inégalité, qui se caractérise par des coûts sociétaux majoritairement liés aux questions sociales; soit le manque à gagner des producteur.rice.s pour qu’ils/elles puissent faire face aux besoins essentiels de leurs familles, et le manque de ressources de l’Etat pour financer les services publics de base dans les provinces caféières.

Le changement climatique : plus inquiétant que jamais à tous les niveaux

Rouille présente sur une feuille de café. Rwanda 2011

Le café nécessite des conditions météorologiques très particulières, si bien que le changement climatique impacte très sévèrement sa culture (en particulier l’Arabica) depuis plusieurs années. La rouille du caféier (maladie causé par des champignons) en Colombie en 2011, puis en Amérique Centrale l’année suivante (qui a affecté près de 55% de la surface caféière totale), la sécheresse extrême au Brésil en 2014 ou encore la propagation de ravageurs résistants etc. sont tant de problèmes qui alertent sur l’urgence d’agir.

Le climat des zones de cultures a totalement changé au cours des dernières années, les températures augmentent et des périodes de fortes pluies imprévisibles rendent les récoltes incertaines. Pour les producteur.rice.s , il n’y a pas beaucoup de solutions pour contrer ce phénomène sans aggraver encore l’état des parcelles. De ce fait : utilisation d’intrants chimiques dans les pays où leurs prix sont encore accessibles (comme en Colombie), déforestation due à la modernisation des exploitations, ce qui supprime les arbres d’ombrage et conduit à une perte des services écosystémiques associés (régulation climatique, lutte contre l’érosion, maintien de la fertilité et de l’humidité des sols…), la situation empire d’année en année. Les scientifiques alertent : « À l’échelle mondiale, environ 50% des surfaces actuellement utilisées pour la culture du café ne seraient plus adaptées d’ici 2050. »

En plus du risque de détérioration des exploitations du café, les coûts de productions auxquels font face les caféiculteur.rice.s augmentent de plus en plus. Il est impératif que des mesures soient prises au niveau international pour réduire l’impact néfaste de notre société sur l’environnement. Si l’on veut espérer que les agriculteur.rice.s puissent continuer à travailler, il est de notre devoir a tous.te.s d’agir à notre échelle.

Le commerce équitable : le modèle le plus performant, mais qui ne peut fonctionner seul

Productrices de café en Ethiopie © Magali Pialat

Le commerce équitable est le modèle alternatif qui apporte les meilleures solutions pour répondre aux enjeux sociaux, environnementaux et économiques des pays producteurs. Un salaire minimum et plus élevé permettrait de réduire les inégalités de répartition des richesses au sein de la filière café.

Mais voilà, les volumes de café vendus par les coopératives du commerce équitable sont encore trop faibles. Les coopératives ont besoin de gonfler leurs ventes pour réussir à réaliser des projets communautaires (constructions d’écoles, de routes, etc.) ou pour aider les producteur.rice.s à améliorer leur productivité (en fournissant de meilleurs outils, des matériaux neufs, etc).

Les études et publications qui évaluent les effets du commerce équitable sont nombreuses. Il ne fait aucun doute que si l’on veut se préoccuper de la durabilité de la filière et des producteur.rice.s qui la font fonctionner, le modèle du commerce équitable est la meilleure solution. Ce graphique rend bien compte de la répartition inégale et injuste de la valeur du café entre tous les acteurs, sauf quand il s’agit du commerce équitable.

Comparaison de la découpe de valeur de paquets moulu 250g entre filières conventionnelles et équitables Pérou-France. Source : Basic

Pour ce graphique tiré de l’étude, on voit que dans le marché conventionnel, 5,5% de la valeur revient aux producteur.rice.s, contre 7,8% dans le commerce équitable et même 8,7% dans le commerce équitable Bio, soit respectivement une augmentation de 2,3% et 3,2%. Sans oublier qu’en plus de la part des producteur.rice.s, les coopératives touchent aussi une bonne part de la valeur, respectivement : 18,8% et 16,3% ! Les différences sont énormes, et montrent bien le manque à gagner de la majorité des caféiculteur.rice.s aujourd’hui.

Prouvé par l’étude : la combinaison du label Fairtrade/Max Havelaar et de l’agriculture biologique est même le meilleur compromis, car c’est celui qui génère les meilleurs résultats et rémunère le mieux les caféiculteur.rice.s. Il est du coup nécessaire de privilégier la double certification qui permet une réelle durabilité de la filière en plus de répondre aux enjeux écologiques.

 

Comment faire pour agir à notre échelle ?

 

1. Première action concrète : changer de café !

Il n’y a rien de plus simple, et c’est le premier pas à effectuer pour aider les producteur.rice.s et montrer que les entreprises qui ne respectent pas ces dernier.ère.s ne méritent pas que l’on achète leurs produits. Invitez votre entourage à faire de même et l’impact n’en sera que plus grand ! Les cafés labellisés commerce équitable sont accessibles partout, donc pas d’excuses !  

 

2. Formez-vous à agir !

FAIR[e] un monde équitable et le REFEDD (Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable) vous proposent une journée de form’action le samedi 20 octobre, de 11h à 18h au Labo 6, 76bis rue de Rennes à Paris. Lien vers l’événement : Climat et commerce équitable : la form’action !

On vous y attend nombreux !

 

3. FAIR[e] un monde équitable vous propose d’organiser votre FAIRzone

A l’occasion de la COP24 qui aura lieu en décembre, FAIR[e] un monde équitable lance l’Opération café équitable, qui prévoit d’organiser le maximum de FAIRzone possible ! La FAIRzone, c’est ce moment de rassemblement entre acteur.rice.s engagé.e.s, citoyen.ne.s intéressé.e.s et consommateur.rice.s mobilisé.e.s pour montrer que l’on peut changer les choses dans nos cafés et restaurants préférés. On y célèbre tous ensemble le passage au commerce équitable de l’établissement !

On a tous dans notre quartier un café préféré, celui où on prend notre petit déjeuner, où l’on se retrouve avec ses ami.e.s, où l’on prend le temps de se relaxer en terrasse, tout ça autour d’un café, non équitable…

FAIRzone à Toulon

Donc si vous souhaitez consommer du café issu du commerce équitable jusque dans le café de votre quartier, nous pouvons vous accompagner et vous donner les clés pour mener à bien cette démarche qui nous tient à cœur en organisant une FAIRzone !

Il vous suffit de remplir ce formulaire, on discutera ensuite de votre projet et on vous accompagnera jusqu’au bout !