Témoignages

Consommer équitable jusque dans son cocktail

On se pose beaucoup de questions sur la nourriture qui se trouve dans nos assiettes, alors pourquoi ne pas être aussi exigeant-e sur le contenu de nos verres ? C’est la démarche qui se cache derrière la marque de spiritueux équitables FAIR Spirits, en replaçant l’humain au cœur des échanges et des étapes de transformation d’un produit. Nous avons rencontré Bénédicte Losson, directrice marketing et membre de ce projet depuis 7 ans.

Salut Bénédicte ! Raconte-nous tout, comment est né FAIR Spirits ? 

Alexandre Koiransky et un producteur de quinoa bolivien

Le fondateur, Alexandre Koiransky, était régulièrement amené à se rendre dans des ghettos afro-américain dans le cadre de son travail, pour y vendre du cognac relativement cher. Ce qui l’a poussé à une certaine prise de conscience et à vouloir améliorer la vie des personnes dans le besoin, notamment celle des producteur-rice-s. C’est lors d’un voyage en Bolivie qu’il fît la connaissance de la coopérative Anapqui, organisation de paysan-ne-s producteur-rice-s de quinoa bio, au même moment où le quinoa faisait fureur aux États-Unis. Voilà comment la toute première vodka quinoa FAIR Spirits a été créée!

Avez-vous rencontré des difficultés à trouver des partenaires pour vous suivre dans ce projet ?

Le quinoa prêt à être transformé à la distillerie

Effectivement, ça n’a pas été une tâche facile et de nombreuses portes se sont fermées assez rapidement ! Nous avons d’abord essayer de convaincre les distilleries françaises car nous tenions vraiment à mettre en avant le savoir-faire français, sans succès. Après plusieurs refus, une distillerie dans la région de Cognac a accepté de réaliser un premier test, en produisant de la bière à base de quinoa. Ce fût une réussite, car de ce premier brassage nous avons obtenu une bière en teneur alcoolique similaire à celle du vin, que nous avons ensuite distiller pour obtenir de la vodka. Finalement, nos partenaires sont heureux de nous avoir suivi dans nos démarches et sont beaucoup sollicité-e-s pour des lancements de marques !

Comment s’est passé le processus de certification ?

Distillerie à Cognac

Nous avons obtenu la certification Fairtrade/Max Havelaar dès notre 2e production, début 2010. Il n’existait encore aucun spiritueux labellisé, nous avons donc imaginé-e-s tous les standards ensemble. Certains critères de labellisation étaient assez complexes à mettre en place, notamment pour le rhum, étant donné qu’il s’agit d’un produit déjà vieilli à l’achat. Pour produire notre rhum de Bélize, nous travaillons avec une coopérative de producteur-rice-s de sucre équitable, même si la distillerie n’est pas certifiée. Grâce à lorganisme de certification Flo-cert, nous pouvons appliquer la « rétro-certification » qui nous permet d’acheter le sucre aux conditions d’achats normales, de payer la prime et le prix Fairtrade lors de l’achat du rhum, et de faire bénéficier d’une prime bien plus avantageuse à nos producteur-rice-s.

Quels sont vos autres critères de sélection ?

Les champs de quinoa en Bolivie

Nous tenons beaucoup à favoriser l’agriculture responsable et les produits issus de l’agriculture bio. Pour produire notre gin par exemple, nous nous fournissons auprès de Lemberona en épices bio et équitables provenant de la coopérative Dustkul Bogi, dans la région de Samarcande en Ouzbékistan. Nous nous adaptons également aux préférences de notre clientèle. Aux États-Unis notamment, les habitant-e-s ont tendance à être moins tolérant-e-s au gluten. Nous proposons déjà de la vodka qui n’en contient pas, mais nous envisageons aussi de remplacer l’alcool de blé par l’alcool de maïs pour pouvoir obtenir la certification Gluten Free.

Nous espérons retrouver tous les produits FAIR Spirits dans nos épiceries fines et certaines grandes surfaces, en attendant, tout est disponible chez certains cavistes indépendants, comme les caves Nysa ou Julhès à Paris, ou directement sur leur site internet, www.fair-drinks.com. Consommer équitable jusque dans son cocktail favori, c’est possible !