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Retour sur le commerce équitable « Made in France » à Metz

50% des agriculteur-rice-s français-es vivent avec moins de 350€ par mois. Ce chiffre à lui seul témoigne de la crise agricole que nous traversons depuis plusieurs années en France et qui impacte de plein fouet les producteur-rice-s. Dans ce contexte, l’émergence d’un commerce équitable local devient nécessaire. Ces questions étaient justement au cœur de la table-ronde sur le commerce équitable made in France, organisée à la Mairie de Metz, dans le cadre de 11ème Conférence internationale des Fair Trade Towns, et animée par Estelle Dubreuil, coordinatrice du mouvement FAIR[e] un monde équitable. Retour sur des échanges passionnants.

Pourquoi Metz ? La ville fait partie du Quattrofair, premier réseau de villes transfrontalier équitable, groupement de 4 Fair Trade Towns : Metz, Luxembourg, Sarrebruck et Trèves ! Ayant à cœur de sensibiliser ses concitoyen-ne-s aux enjeux d’un commerce plus juste, la ville de Metz s’est vue récompenser pour ses pratiques exemplaires par le prix de l’originalité du jury Territoires de Commerce Équitable. Une belle reconnaissance !

Le concept de commerce équitable made in France est apparu en 2014 avec la loi relative à l’économie sociale et solidaire qui a effacé la dimension géographique initialement fondatrice et étendu le terme « commerce équitable » aux filières agricoles françaises. Dans le contexte d’une crise agricole sans précédent qui voit les producteur-rice-s français-es s’endetter et ne plus pouvoir se rémunérer correctement voire même couvrir leurs coûts de production, le commerce équitable apporte des outils, un savoir-faire de plus de 40 ans mais aussi des résultats probants. Le commerce équitable, ça fonctionne !

Vous l’aurez compris, les producteur-rice-s sont toujours placé-e-s au cœur de la démarche de commerce équitable local. La volatilité des prix et les aléas liés au changement climatique rendent la situation des paysan-ne-s très compliquée, en France comme à l’international. Ils-elles doivent alors trouver des solutions : l’organisation en coopératives, les partenariats avec des réseaux de distribution ou l’ouverture de magasin de producteur-rice-s. Claude Choux, directeur de Probiolor, coopérative lorraine, a choisi de signer un partenariat avec Biocoop et de s’inscrire dans une réelle démarche commerciale respectueuse des producteur-rice-s et de la planète. Hubert Hottier, quant à lui, a ouvert L’Ayotte, pour permettre aux paysan-ne-s de vivre de leur terroir et de leur territoire. D’où le choix de la filière courte : le magasin ne fait aucun bénéfice, toutes les recettes reviennent aux paysan-ne-s.

Le commerce équitable local se développe en France, mais pas seulement. L’alternative qu’il représente est universelle ! Myriam Pérez, de la coopérative hondurienne COMSA, est venue témoigner du commerce équitable local tel qu’elle le conçoit dans sa communauté. Exclusivement tournée vers l’exportation, COMSA a pris la décision de dédier une partie de sa production au marché local. Elle a notamment ouvert un magasin pour permettre aux habitant-e-s de Marcala de s’alimenter en produits locaux, cultivés par leurs soins et sains. Les critères ? Ils sont exactement les mêmes que ceux du commerce équitable Nord/Sud. Les membres de la coopérative COMSA sont particulièrement impliqué-e-s dans l’éducation et la sensibilisation à une alimentation citoyenne de leur communauté et notamment des jeunes. À FAIR[e] un monde équitable, on est particulièrement sensible à leur initiative !

À l’autre bout de la chaîne, consommateur-rice-s et collectivités

Évidemment, nous avons aussi un rôle à jouer ! Les associations, notamment, s’engagent à porter la voix des consommateur-rice-s. Olivier Cabrera, président du mouvement FAIR[e] un monde équitable, en a profité pour présenter notre projet de FAIRzones et comment nous souhaitons donner les moyens aux citoyen-ne-s et commerçant-e-s d’œuvrer ensemble pour une consommation + responsable dans nos quartiers !
Hôte de l’événement, la Ville de Metz et le département de Meurthe-et-Moselle ont également témoigné de leur engagement. Un exemple de leurs actions : le gâteau Equichoc, élaboré dans le cadre de Territoires de Commerce Équitable avec la Fédération des boulangers-pâtissiers de Meurthe et Moselle et disponible chez de nombreux pâtissiers. Que d’idées et d’initiatives qui donnent envie d’agir concrètement !

Les étudiantes de l’ENSAIA qui ont porté le projet du titre « Établissement Équitable »

La table-ronde s’est terminée par la 1ère labellisation nationale d’un Établissement Équitable : lENSAIA, école supérieure d’agronomie et d’industrie agro-alimentaire rattachée à la faculté de Lorraine ! Bravo !