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Les #EGAlim sont aussi l’affaire des consommateur-rice-s

Replacer l’alimentation au cœur de nos préoccupations, prendre conscience de l’impact social et environnemental de nos achats quotidiens pour agir concrètement en faveur d’une consommation plus responsable et d’un commerce plus équitable pour toutes et tous, c’est l’ADN du mouvement FAIR[e] un monde équitable. En ce sens, les États Généraux de l’Alimentation (#EGAlim) voulus par le Président Macron apparaissent comme un formidable espace d’expression pour nous consommateur-rice-s. Car oui, nous avons aussi notre mot à dire quand il s’agit d’agriculture et d’alimentation. Alors prenons la parole pour que notre parole compte !

 

On ne joue pas avec la nourriture

De part et d’autre de la planète, il est difficile de trouver un sujet plus universel que celui de l’alimentation. Famine et insécurité alimentaire, risques sanitaires, perte de goût, impact sur le changement climatique, manque de transparence, scandales sur les conditions de fabrication… notre nourriture cristallise tensions et passions.

©www.egalimentation.gouv.fr

Pourtant, l’alimentation, ce n’est pas un simple stock de matières premières, où l’on puise à l’infini sans se soucier des conséquences sur la santé des consommateur-rice-s, sur le revenu des producteur-rice-s et des intermédiaires, sur la conservation de l’environnement.

La nécessité de nous alimenter et la manière dont nous le faisons est l’un des piliers de l’organisation de nos sociétés en France comme ailleurs. À ce titre, l’alimentation ne devrait pas être un jeu. Elle ne devrait pas être un simple objet de tractation où les intérêts particuliers viennent jouer leur survie ou leur profit. Un bien que l’on achète, vend, échange à la bourse comme n’importe quelle marchandise, sans regard ni respect pour les mains de celles et ceux entre qui elle passe et l’assiette où elle finit.

Plus que tout, l’alimentation est un enjeu d’intérêt général et, à ce titre, doit être vue comme un fondement de :

  • la préservation de l’environnement,
  • l’équilibre économique de régions entières à travers la planète,
  • la stabilité sociale et démocratique pour les Hommes et leur communauté.

 

Des alternatives qui doivent devenir la norme

©lepoint.fr

Étonnamment, on a tendance à oublier tout ça. À négliger de prendre soin de celles et ceux qui nous nourrissent, qui participent à produire, fabriquer, nous fournir la nourriture que nous ingurgitons, dans toute sa diversité, et nous procurer tout le plaisir qui est lié aux aliments, objets de notre gourmandise. À s’assurer qu’ils-elles sont justement rémunéré-e-s pour leur travail et vivent dignement partout dans le monde.

Depuis plus de 20 ans, le commerce équitable change la donne, en replaçant l’homme et la femme au cœur du système, en permettant l’amélioration des conditions de travail et de vie de petit-e-s producteur-rice-s en Afrique, en Asie ou en Amérique latine. Aujourd’hui encore, s’il n’est pas parfait mais perfectible, s’il peine parfois face à une industrie agro-alimentaire toute puissante qui place le profit avant le bien-être des Hommes, il est partout salué pour l’alternative au commerce conventionnel qu’il propose et l’impact positif qu’il apporte localement aux producteur-rice-s de coopératives certifiées.

©Max Havelaar France

Aujourd’hui bien connu des consommateur-rice-s, le label Fairtrade/Max Havelaar a notamment permis de diffuser largement l’idée qu’un autre type de commerce était possible et de rendre plus accessible le commerce équitable à tout lieu de distribution.

Plus globalement, les acteurs du commerce équitable ont ainsi fait la preuve qu’on peut concevoir une production agricole qui :

  • préserve l’environnement, la diversité, tout en prenant en compte les besoins des territoires et des habitant-e-s ;
  • établisse des prix de référence durables, économiquement viables donnant une qualité de vie et le développement des producteur-rice-s ;
  • rassemble les producteur-rice-s en organisations capables de se former, de décider par elles-eux-même, d’agir sur leur territoire, d’y investir et de les faire progresser durablement.

Des producteur-rice-s de quinoa au Pérou
©Quinola Mothergrain

Cet effort et ces résultats avérés du commerce équitable Nord-Sud dit « traditionnel », les consommateur-rice-s mais aussi les producteur-rice-s français-es sont nombreux-euses à les saluer et les solliciter, pour que l’équité dans le commerce soit instaurée, généralisée et devienne la norme. Le commerce équitable, identifié comme solution d’avenir à grande échelle, est désormais plébiscité en France, où les agriculteur-rice-s, producteur-rice-s laitiers, éleveur-euse-s, malmené-e-s par l’industrie agro-alimentaire, réclament eux-elles aussi plus de justice.

 

C’est clairement cette ambition que nous voulons voir progresser et gagner du terrain. Au Sud, comme le développement du commerce équitable le montre, mais aussi ici, pour les agriculteur-rice-s français-es, là où les attentes sociales et économiques n’ont jamais été aussi fortes.

Diffuser les fondements de l’alimentation durable

©www.egalimentation.gouv.fr

Et les consommateur-rices-s dans tout ça ? En faisant le choix de consommer équitable de manière plus régulière (la consommation de produits équitables a augmenté de 42,8% en 2016 par rapport à 2015), ils-elles montrent clairement qu’ils-elles ne veulent plus d’une « loterie de l’alimentation » surexploitant, au choix : les producteur-rice-s, la terre, les subventions publiques ou la crédulité des consommateur-rice-s. Quand ce n’est pas tout à la fois.

Nous aussi, nous nous organisons pour que notre parole porte et que la voix des citoyen-ne-s ne soit pas inaudible. Notre rôle à FAIR[e] un monde équitable, c’est bien celui-là : pour nous, le respect des producteur-rice-s, de la terre, instrument de travail de nos agriculteur-rice-s mais aussi de nous-même, est essentiel. À nous de le dire et de faire en sorte que de plus en plus de consom’acteur-rice-s élèvent leur voix.

Nous voulons que l’alimentation redevienne un besoin et un plaisir sain, que notre alimentation respecte les règles et les Hommes, que notre consommation contribue à rétablir des conditions de vie et de travail viables pour tou-te-s. Et ce n’est pas un défi impossible à relever : les exemples du commerce équitable, de l’agriculture biologique, de la consommation responsable en général et de leur progression montrent que nous ne sommes plus les acteur-rice-s d’une utopie, mais bien les acteur-rice-s d’un réel changement.

©lemonde.fr

La France avec la tenue de ces États Généraux de l’Alimentation fera-t-elle le choix du business as usual prenant ainsi un train de retard sur les agricultures d’Europe et du monde ? Laissera-t-elle la trace d’un pays où l’ambition durable aura perdu face à un statu quo électoral ?

Si la situation précaire des agriculteur-rice-s semble enfin avoir interpellé le gouvernement français, preuve en est la tenue de ces États Généraux de l’Alimentation, attention à ne pas aboutir à la promotion de « fausses solutions » non durables et à ne pas déconnecter le sort des agriculteur-rice-s français-es de celui des centaines de millions de personnes de part et d’autre du globe, qui subissent de plein fouet les aléas du changement climatique sur leurs cultures et des famines ravageuses. Restons mobilisé-e-s pour que ces États Généraux débouchent sur des mesures concrètes pour une agriculture et une alimentation réellement durables, respectueuses et accessibles pour tou-te-s.

Ces États Généraux de l’Alimentation sont l’occasion de peser sur notre avenir. Les consommateur-rice-s engagé-e-s sont fier-ère-s de leur mode de vie. Ils-elles en parlent, le défendent, ils-elles le partagent et ils-elles répandent l’idée qu’un monde équitable est possible. Qu’il est souhaitable et qu’il est profitables pour tou-te-s.

Restez connecté-e-s sur twitter : #EGAlim @FAIRequitable !

 

Dans la foulée de la journée de lancement des États Généraux de l’Alimentation du 20 juillet, une consultation publique s’est ouverte pour accueillir les contributions de tou-te-s celles et ceux qui le souhaitent – citoyen-ne-s, ONG, expert-e-s, acteur-rice-s du secteur – jusqu’à la fin du mois d’octobre. Alors que cette phase participative a été lancée pendant l’été et en pleine période de rentrée (un choix de calendrier pour le moins étonnant pour encourager la mobilisation…), les acteur-rice-s de la transition s’inquiètent de la manière dont le mécanisme de ces EGAlim a été pensé et s’interrogent sur les résultats à venir.