Témoignages

Des pizzas équitables pour la première FAIRzone avec Agri-Éthique

Le 17 juin, à Paris, nous organisons la première FAIRzone avec notre partenaire, Agri-Éthique. On a rencontré Ludovic Brindejonc, fondateur de la démarche et directeur général de l’entreprise, pour qu’il vous en dise plus.

La démarche Agri-Éthique est reconnue par la PFCE (Plate-Forme pour le Commerce Équitable) comme actrice du commerce équitable local. Pourriez-vous nous en dire plus sur  votre initiative ?

Ludovic Brindejonc présente un produit qui a rejoint la démarche Agri-Éthique

« La démarche Agri-Éthique est née officiellement en juin 2013. À cette époque-là, le monde agricole était confronté à une forte volatilité des prix, notamment des céréales, rendant la situation sur le terrain très problématique pour beaucoup d’agriculteurs-trices. On se demandait comment lutter contre ce « yoyo » incessant du prix des matières premières qui fragilisait l’ensemble de la filière, de l’amont à l’aval.

Sur le modèle du commerce équitable (qui n’était à l’époque pas officiellement reconnu au niveau local), nous avons pensé à proposer un prix d’achat fixe sur 3 ans. Ce prix tient compte des coûts de production du-de la producteur-trice, avec un niveau de marge qui lui permet de sécuriser son revenu dans la durée. Puis nous avons élargi ce principe à toute la filière : le-la meunier-ère et le-la boulanger-ère ont également bénéficié de prix fixe longue durée.
En fixant le prix, nous avons éliminé un sujet souvent tabou : cela a laissé de la place pour travailler sur d’autres choses, comme la qualité du blé, le volet environnemental, la bio… En instaurant un climat de confiance et un meilleur équilibre entre les différent-e-s acteurs et actrices, nous avons pu aller de l’avant. Les industriels voient d’ailleurs eux aussi leur intérêt dans notre démarche et 4 ans après le lancement de la démarche Agri-Éthique, nous représentons 11 coopératives, soit plus de 700 agriculteurs-trices, 5 industriels, 15 meuniers-ères et plus de 600 boulangeries engagées ! »

Quel est le rôle du-de la commerçant-e dans votre démarche ?

« On observe ces derniers temps un retour au marché de proximité. Un virage est pris. Cela montre bien que les consommateurs-trices sont à la recherche d’un autre rapport avec leur commerçant-e.

Chez Agri-Éthique, le-la commerçant-e est un-e acteur-rice de la chaîne à part entière

Pour nous, le-la commerçant-e ne doit plus avoir uniquement le rôle de mise à disposition du produit. Il-Elle doit d’abord lui-elle-même être dans une démarche de progression constante, ne pas se limiter à un engagement a minima. Par rapport aux consommateurs-trices, c’est à lui de faire passer le message d’Agri-Éthique, car il est en contact direct avec eux-elles. Il est capital que la-le commerçant-e apparaisse comme un maillon actif d’une chaîne, qui va de l’agriculteur-trice au-à la consommateur-rice. C’est pourquoi, lors de nos événements, on fait attention à ce que tous les corps de métiers soient représentés ! »

Et le-la consommateur-rice dans tout ça ?

« Lui-Elle aussi est un maillon de la chaîne, aussi important que les autres. La-le consommateur-rice actuel-le n’a plus un rôle passif, de quelqu’un qui se contente d’acheter. Il-Elle est là aussi pour interroger, pour proposer… Il-Elle doit devenir consomm’acteur-rice. Un dicton répandu dans la distribution dit que « lorsqu’un-e client-e effectue une demande, c’est que dix autres personnes ont la même attente ». Les demandes des consommateurs-trices sont donc très vite prises en compte…
C’est pourquoi nous permettons aux consommateurs-trices qui le désirent de proposer à des commerçant-e-s de rejoindre la démarche. En ce sens, la-le consommateur-rice est pour nous un-e acteur-rice du changement. C’est d’ailleurs aussi cet aspect qui nous a plu dans le concept de la FAIRzone. »

La campagne des FAIRzones, qui incite les consommateurs-rices à appuyer les commerçant-e-s de leur quartier à changer leur offre vers plus d’équitable, tout en organisant des moments festifs, à été lancée récemment. Et vous co-organisez le premier événement à Paris. Dites-nous en plus sur votre intérêt pour cette idée…

« Quand on a entendu parler de cette campagne, nous avons tout de suite été intéressé-e-s. D’abord car cela rejoignait plusieurs valeurs que nous défendions : les valeurs d’un commerce plus équitable bien sûr, du dialogue entre les différent-e-s acteurs et actrices de la chaîne, qui construisent ensemble et pas les un-e-s contre les autres. Et, comme je vous l’ai dit, le fait de voir la-le consommateur-rice comme un-e acteur-rice du changement de nos modes de consommation.
Nous avons également trouvé l’idée très particulière et novatrice : ne plus limiter les commerces à un lieu d’acte d’achat. D’habitude, l’acte d’achat est très rapide et il est difficile d’instaurer un dialogue, de faire passer un message… Le fait de prendre le temps, à travers un moment convivial, pour échanger et construire ensemble, permet de faire tomber beaucoup de barrières et de trouver cette sacro-sainte confiance, tant recherchée ! »

Une démarche équitable, qui prône la confiance entre tou-te-s les acteurs et actrices et pousse chacun-e à agir à son échelle, vous l’aurez compris, ça nous parle ! Et on est sûr-e-s qu’à vous aussi ! N’hésitez pas à en découvrir plus sur Agri-Éthique en allant sur leur site Internet et en venant directement les rencontrer le samedi 17 juin à Paris, à la FAIRzone du Carmine Café, avec au programme : des pizzas équitables !!! (pour en savoir +, c’est par ici)