Témoignages

L’AGORAé, un espace de solidarité pour les étudiant-e-s, par les étudiant-e-s

L’AGORAé, c’est un projet d’innovation sociale, pour les étudiant-e-s, par les étudiant-e-s. C’est un lieu de solidarité, d’échanges, de débats, de formations, d’activités diverses. C’est également un projet qui a montré son intérêt pour le commerce équitable. Nous avons rencontré Lina, en charge de l’AGORAé au sein de l’AGEP (Association Générale des Étudiants de Paris) et Alexandre et Margot, volontaires en service civique, pour qu’ils nous parlent du projet.
En quelques mots, c’est quoi l’AGORAé ?

L’AGORAé, c’est avant tout ce que les étudiant-e-s veulent en faire. C’est un projet malléable, en perpétuel remaniement.
C’est d’une part un espace d’échanges, ouvert à tou-te-s les étudiant-e-s de l’académie de Paris. Un lieu de vie qui s’anime donc autour d’événements divers : formations, activités, ateliers, débats, etc. On réserve également une part importante à la politique de prévention et d’accompagnement du moral étudiant.
L’AGORAé propose aussi un service d’épicerie solidaire. Les étudiant-e-s dont le dossier a été validé par la commission ont accès à l’épicerie qui propose des produits variés, le plus frais possible et même bio entre 10% et 20% du prix du marché. Le but est de redonner une certaine autonomie d’achats aux étudiant-e-s en situation de précarité.

D’où vous vient cette idée ?
Le projet a vu le jour pour la première fois en 2009 à Lyon. Il est né d’un constat d’une dégradation de la vie étudiante, d’un recours à un salariat devenu subi au détriment des études, menant à l’isolement et pouvant avoir pour conséquence un mal-être et l’abandon des études. Le concept s’est très vite révélé adapté et Paris a donc ouvert sa première AGORAé en septembre 2016. En effet, étant donné les prix de la capitale et la forte concentration étudiante sur le territoire, l’AGORAé de Paris s’implante sur un territoire où près de 1 étudiant-e sur 10 est en situation de précarité, sans souvent même le savoir. L’idée maîtresse du projet est que chacun-e peut y trouver un moyen d’épanouissement en proposant un projet à concrétiser. Maintenant ce sont donc les étudiant-e-s qui participent à son développement.
Et le commerce équitable ? Quelle place pourrait-il avoir dans votre projet ?
Le commerce équitable est un domaine que l’AGORAé n’a pas encore développé dans ses premières actions. Cependant, nous fédérons un réseau d’associations étudiantes qui sont plus ou moins directement engagées sur le sujet, ou qui sont intéressées pour se former davantage sur ces problématiques. En proposant des formations sur le sujet , nous pensons d’une part sensibiliser les étudiant-e-s en demande d’information et répondre à leur curiosité sur les différents dispositifs qu’ils-elles pourraient concrètement mettre en place au sein de leurs organisations étudiantes.
L’univers étudiant ne prend souvent pas le temps de s’engager sur ces idées, l’AGORAé peut être le lieu où une première réflexion sur le commerce équitable émerge, en laissant le libre choix d’engagement par la suite (de la simple formation, à l’élaboration d’outils adaptés aux étudiant-e-s).
Comment voyez-vous le futur de l’AGORAé ? 
Un énorme travail de communication sur le dispositif est actuellement entrepris et le nombre de bénéficiaires est sans arrêt en augmentation depuis l’ouverture du site. Actuellement implantée sur le site de Paris-Diderot, la majorité des bénéficiaires sont issu-e-s de ce campus car le territoire parisien est très large, la distance n’est pas forcément supportable pour les étudiant-e-s habitant plus loin.
L’idée à long terme bien sûr est d’ouvrir une AGORAé par site universitaire, c’est l’un des vœux les plus chers de l’AGEP, qui tente de travailler avec les universités concernées et d’établir un premier bilan avec l’ouverture de l’épicerie cette année.
 
 L’AGORAé a selon nous un bel avenir devant elle. Répondant autant aux problèmes de précarité, qu’au besoin de s’informer, de se détendre et de partager, on ne peut que souhaiter que de tels lieux continuent à fleurir ! Aux étudiant-e-s de faire vivre ce projet, leur projet !